Saint Exupery et Agay


ANTOINE DE SAINT EXUPERY (1900-1944)

Antoine de Saint Exupery séjournera à plusieurs reprises chez sa sœur à Agay. La sœur d’Antoine de Saint-Exupéry, Gabrielle, épouse Pierre de Giraud d’Agay en 1923. Le couple s’installe dans la propriété familiale à Agay dans le Var. Antoine de Saint-Exupéry leur rend souvent visite et le 12 avril 1931, c’est à l’église d’Agay qu’il épouse Consuelo Suncin. Les mariés sont photographiés sur la terrasse du château d’Agay qui domine la mer. C’est en effet sur une pointe de rocher dans la partie Est de la Rade d’Agay, qu’un fort est construit en 1636. Tourné vers la mer, il occupe un point de vue stratégique pour protéger les bateaux venus mouiller dans la baie. En 1750, le fort est transformé en château habité par la famille d’Agay. C’est en fait une grande bastide composé d’un rez-de-chaussée et de deux niveaux recouverts de tuiles. Le domaine se compose alors de bois, de vignes, d’arbres fruitiers et d’un troupeau de moutons. Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, l’environnement immédiat ne change guère. Le 8 novembre 1942, les Alliés débarquèrent en Afrique du Nord et le 11 novembre l’armée allemande occupe la zone libre en France. Comme tous les habitants de la région, la famille d’Agay est évacuée et se réfugie à Cabris chez Marie de Saint-Exupéry. L’armée allemande occupe quelques temps le château avant de le détruire en mai 1944.


1900

Né le 29 juin 1900 à Lyon, Saint-Ex est le troisième d'une famille de cinq enfants. Sa mère, Marie de Foscolombe, Comtesse de Saint-Exupéry a toujours su qu'il serait la gloire de sa vie et a tissé avec lui des liens d'affinité et de tendresse.


Entrée dans l’aviation

Au cours de son service militaire, St Exupéry entre dans l’aviation, dont il sortira en 1922 promu sous- lieutenant. Entre ses périodes de formation, il est régulièrement l'hôte de sa sœur, au château d'Agay. Après un grave accident, il est démobilisé. Pourtant, il envisage toujours d’entrer dans l’armée de l’Air. En 1926, la Société d'Aviation Latécoère (future Aéropostale) engage Saint-Exupéry. Il quitte immédiatement Agay, et part pour Toulouse. Il développe alors les lignes entre la France et le Maroc, avant de s’envelopper pour le développement des destinations d’Amérique du Sud.


Le mariage 1932

La rencontre d'Antoine (alors directeur de l'Aéroposta Argentina) et de Consuelo fin 1930 à Buenos Aires dans les salons de l'Alliance Française est suivie de leur mariage l'année suivante en France. Consuelo et Antoine de Saint-Exupéry se marient le 22 avril 1932 à la mairie de Nice puis le 23 avril 1937 la bénédiction du mariage et un repas familial pour fêter leur mariage ont lieu à Agay avec la mère et les deux sœurs d'Antoine de Saint-Exupéry.

La rose du Petit Prince, c'est elle: Consuelo Suncin Sandoval, une belle Sud-Américaine fortunée, deux fois veuve à 27 ans, qui a épousé son Tonio (elle écrit "Tonnio") le 23 avril 1931, au château d'Agay, dans une robe de mariée noire… La famille d'Antoine de Saint-Exupéry n'acceptera jamais tout à fait cette étrangère fantasque et volubile avec laquelle l'écrivain mène grand train, mais qui partage aussi sa vie difficile de pilote de nuit, après la fin de la glorieuse Aéropostale.


Les années difficiles

À partir de 1932, alors que la compagnie, minée par la politique, ne survit pas à son intégration dans Air France, il subsiste difficilement, se consacrant à l’écriture et au journalisme. Saint-Exupéry demeure pilote d’essai et pilote de raid en même temps qu’il devient journaliste d’occasion pour de grands reportages.


En janvier 1938, départ pour New-York.

Il tente un raid de New-York à la Terre-de-Feu, mais son avion s'écrase au Guatemala. Il reste 5 jours dans le coma, et souffre , entre autres, de sept fractures du crâne. La convalescence qui s'ensuit lui permet d'avancer dans la rédaction du manuscrit de Terre des Hommes, qui paraît en 1939. Il rentre le 28 mars à New-York où il passe de longs mois de convalescence dans la demeure du Général Donovan. Revenu en France, il séjourne à Agay, puis en Suisse.


Mobilisation

En 1939, il est mobilisé dans l'armée de l'air pour des vols de reconnaissance et affecté dans une escadrille de reconnaissance aérienne. Le 23 mai 1940, il survole Arras alors que les panzers allemands envahissent la ville : bien que son avion le Bloch 174 soit criblé de balles par la DCA allemande, il réussit à retourner à la base avec ses passagers sains et saufs, ce qui lui vaut d'être récompensé de la Croix de guerre avec palme et cité à l’ordre de l’Armée de l’Air, le 2 juin 1940. Cet exploit lui inspirera le titre et la trame de Pilote de guerre. A l’Armistice, Saint-Exupéry attend sa démobilisation, chez sa sœur à Agay.

Rapidement, il quitte la France pour New York avec pour objectif de faire entrer en guerre les Américains. Considéré par certains comme pétainiste car non gaulliste, Saint-Exupéry a du mal à faire entendre sa voix. Comme l’immense majorité de Français, il était au départ plutôt favorable à Vichy, qui lui semblait représenter la continuité de l'État, et était donc plutôt méfiant envers le général de Gaulle. En réalité, il a surtout essayé de réconcilier les factions opposées. C’est un échec.

Il ne pense alors qu'à s'engager dans l'action, considérant, comme ce fut le cas avec l'Aéropostale, que seuls ceux qui participent aux événements sont légitimes pour en témoigner. En avril 1943, bien que considéré par les alliés comme un pilote médiocre, incapable de piloter un avion de combat moderne, il reprend du service actif dans l'aviation en Tunisie grâce à ses relations et aux pressions du commandement français. Relégué de la chasse, il effectue quelques missions de reconnaissance, mais il est victime de plusieurs incidents qui le font mettre « en réserve de commandement », étant donné son âge, son mauvais état de santé général, ses différents crashs précédents.


Disparition 1944

Il décolle aux commandes de son F-5B-1-LO, le 31 juillet à 8 h 25 du matin, pour une mission de cartographie (cap sur la vallée du Rhône, cap sur Annecy et retour par la Provence) : des reconnaissances photographiques afin de tracer des cartes précises du pays, fort utiles au tout prochain débarquement en Provence, prévu pour le 15 août. Il est seul à bord, son avion n'est pas armé et emporte avec lui du carburant pour six heures de vol. À 8 h 30, est signalé le dernier écho radar. Son avion se serait écrasé à quelques encablures des côtes de la Provence. Il est alors impossible d'effectuer des recherches sur le terrain en temps de guerre. « Saint-Ex » est officiellement porté disparu. Sa mémoire est célébrée solennellement à Strasbourg le 31 juillet 1945. En 1948, il est reconnu « Mort pour la France ». http://www.antoinedesaintexupery.com/


GABRIELLE, DITE DIDI (1903-1986)

Gabrielle est la sœur cadette d'Antoine de Saint-Exupéry. Têtue, Didi peut pleurer des heures et ne renonce jamais à une idée. Antoine l’affectionne particulièrement. Elle seule peut pénétrer dans sa chambre et faire un peu de rangement. Elle l’accompagne en bicyclette dans ses promenades, notamment à l’aérodrome d’Ambérieu où Antoine a son baptême de l’air.

La mort de son frère François en 1917, dont elle était la plus proche par l’âge et qu’elle ne quittait jamais, l’affecte profondément.

En 1923, elle épouse Pierre de Giraud d’Agay. Le couple s’installe au château d’Agay, situé dans la commune de Saint-Raphaël (Var). En 1925, à la naissance de leur fils François, il demande à Antoine d'être le parrain. Ils ont trois autres enfants prénommés Marie-Madeleine (1927), Mireille (1929) et Jean(1933).

Lorsqu'Antoine de Saint-Exupéry disparait le 31 juillet 1944, n’ayant pas eu d’enfant, il avait désigné sa famille comme dévolutaire des droits sur son œuvre et son nom. Entre son frère François (1902-1917) et ses trois sœurs Marie-Madeleine (1896-1927), Simone (1897-1979) et Gabrielle (1903-1986), seule la cadette eu une descendance. Aujourd’hui, ses quatre neveux, sont les héritiers et ayant droits de son œuvre.