Autres personnages

ALPHONSE KARR
Romancier et journaliste français (1808 – 1890) Bien que n’ayant pas vécu à Agay même, cet homme est considéré comme le découvreur de Saint-Raphaël. En effet, ce sont ses textes qui attireront tous ses amis et connaissances à Saint Raphaël puis sur toute la côte jusqu’au Trayas. C’est un peu grâce à lui que tous les personnages présentés ci-dessous ont entendu un jour parler de l’Estérel.
C’est pour cette raison que nous l’avons intégré à notre liste de personnages célèbres.
Alphonse Karr naît à Paris en 1808 d'un père allemand et d'une mère française. Après de brillantes études, il se consacre à l'enseignement.
Il mène dans les années 30 une vie de bohème du type jeunes romantiques excentriques d'alors et s'essaie à tous les genres littéraires : poésie, pastiches, théâtre. Il publie des articles satiriques dans le Figaro, dont il sera plus tard le rédacteur en chef.
Il fonde en 1839 son propre journal "Les guêpes", où sont " épinglées " les plus grandes célébrités artistiques et politiques de l'époque. Ce journaliste, tour à tour pamphlétaire, humaniste satirique, romancier, poète, s’installe à Nice avec sa compagne et sa fille en 1853.
Exproprié par la construction de la Gare SNCF, il s'établit en 1865 à Saint-Raphaël. Tout en continuant à écrire, il y crée un établissement d'horticulture dont naîtra le commerce des fleurs coupées. Une poire, la Poire Alphonse Karr, et un bambou, le Bambusa multiplex Alphonse Karr, ont été nommés en son souvenir.
Il meurt le 30 septembre 1890 dans sa villa "Maison Close", située Bd Raymond Poincaré, en face du port de Santa Lucia.

ARMAND GUILLEMIN
Peintre français (1841 – 1927)
Armand Guillaumin s'installe à 16 ans à Paris. Il est vidangeur la nuit est peintre le jour. Cette condition de vie durera près de vingt ans.
Il rencontre Paul Cézanne et participe au Salon des refusés de 1863, première émergence des impressionnistes. Ses oeuvres témoignent de la vive préférence de l'artiste pour l'eau, motif qui allait devenir l'un de ses sujets favoris.
Son mariage ayant amélioré sa situation financière, c’est en 1887 que Guillemin se rend pour la première fois sur la côte d’azur et choisit d’emblée Agay car la localité possède une petite gare où 2 trains s’arrêtent chaque jour mais l’absence de route lui confère un isolement qui la rend sauvage.
Guillemin loge au Grand Hôtel d’Agay où l’on trouve une pension complète pour sept francs cinquante, ce qui est bien moins cher que les stations balnéaire voisines.
Guillemin à cinquante ans et en ce beau jour de 1891, le tirage de la loterie lui rapporte une somme colossale. Il peut ainsi voyager plus mais revient passer presque tous les hivers à Agay. Lors de son dernier séjour, il loue une villa au Trayas, « Le Vertige ».
Au début du XXe siècle, Armand Guillaumin oriente son œuvre vers une palette plus vive inspirée des paysages de l’Estérel, presque violente, qui éblouie par les pourpres, les ocres et les violets.
Guillaumin meurt 1927 à l'âge de 86 ans, dernier survivant du groupe des Impressionnistes, dont il fut un des plus fidèle et loyal membre.

FERNAND RAYNAUD
Humoriste et acteur français (1926 – 1973)
Fernand Raynaud commence sa carrière d’acteur sur les planches à l’âge de 17 ans à Paris, après avoir quitté sa région suite à une dernière dispute avec son père.
Il va voir tous les soirs les comiques de l'époque aux Folies Bergère puis débute lui-même dans des brasseries et cabarets, enchaînant quelques années de vache maigre.
Il triomphe réellement au début des années soixante pendant 18 mois au Théâtre des Variétés, dans son spectacle "Fernand Raynaud Chaud".
Puis il enchaîne les tournées en France, au Canada, en Afrique et dans le Pacifique. Il retrouve également régulièrement l'Olympia ou Bobino.
Il rencontre ensuite un vif succès au théâtre et au cinéma.
Il vient régulièrement à Anthéor dans la villa “Les Mimosas”. C’est d’ailleurs en s’inspirant du mode de vie des vacanciers d’un camping d’Agay, qu’il écrira son célèbre sketch “Vive le camping”.
Mais le 28 septembre 1973, alors qu'il se rend à Lyon pour y rejoindre des amis, il se tue accidentellement lorsqu’il percute en voiture à très vive allure une bétaillère à l'entrée de Cheix-sur-Morge. Une plaque commémorative signale cet endroit. Son comique a incarné l'entrée de la France dans une certaine modernité : le développement de l'automobile, les travailleurs immigrés, le passage de la paysannerie à l’agriculture intensive.

LEON ZITRONE
Journaliste français (1914 – 1995)
Né en Russie, il arrive en France avec sa famille fuyant le communisme.
Il effectue d'abord des études scientifiques mais sa parfaite maîtrise du russe, du français, de l'anglais et de l'allemand lui ouvre les portes de la radio et de la télévision.
À partir de 1961, il devient présentateur du journal télévisé, fonction qu'il exercera au total près de 20 ans.
Mais la célébrité de Léon Zitrone est surtout due aux émissions qu'il animera ou co-animera. Intervilles, commentaires du Tour de France cycliste, présentation des Jeux Olympiques, des Concours Eurovision et des défilés militaires du 14 juillet. Mais surtout, il est le commentateur-clé des grands événements, notamment les mariages, décès et investitures des grands de ce monde, une trentaine dans sa carrière.
Il a, à lui seul, incarné la télévision pendant plusieurs décennies aux yeux du grand public français.
Il sera venu sur notre commune en vacances de nombreuses fois, d’abord à Agay puis à Anthéor.
Il meurt le 25 novembre 1995, jour de ses 81 ans.

GUY DE MAUPASSANT
Ecrivain français (1850 – 1893)
Guy de Maupassant passe son enfance dans la campagne normande où son premier contact avec la nature sera heureux et inoubliable. Celui avec la société le sera beaucoup moins.
Cette aversion pour la société le porte vers la retraite et la méditation. Il voyage longuement et il y pioche son inspiration.
Il fait une croisière sur son yacht privé le « Bel-Ami » d’après son roman Bel-Ami de 1885. Cette croisière, où il passe par Cannes, Agay et Saint-Tropez lui inspirera Sur l’Eau.
Durant ses dernières années, son amour exagéré pour la solitude, une crainte constante de la mort et une certaine paranoïa s’intensifient, peut-être dus à la syphilis. En 1892, il fait une tentative de suicide. Il est alors interné à Paris dans une clinique où il meurt en 1893.
Extrait de son récit de voyage « Sur l’Eau » :
« La rade d'Agay forme une joli bassin, bien abrité, fermé, d'un côté, par les rochers rouges et droits, que domine le sémaphore au sommet de la montagne, et que continue, vers la pleine mer, l'île d'Or, nommée ainsi à cause de sa couleur ; de l'autre, par une ligne de roches basses, et une petite pointe à fleur d'eau portant un phare pour signaler l'entrée.
[…] et une jolie rivière s'enfonçant dans l'Esterel jusqu'au vallon nommé Malinfermet, et qui est plein de lauriers-roses comme un ravin d'Afrique. »

VINCENT D’INDY
Compositeur français (1851 -1931)
Issu d’une famille aristocrate et musicale, Vincent d’Indy décide à l’âge de 20 ans de devenir compositeur. Il est l’élève de César Franck au Conservatoire de Paris puis devient professeur et théoricien.
Artiste marquant de son époque, il a fondé la Schola Cantorum. Initialement créée pour l’étude de la musique religieuse, cette école de musique devint une école supérieure d’enseignement musical.
Aujourd’hui, ce sont ses compositions symphoniques – la Symphonie sur un chant montagnard, Istar Variations symphoniques et Jour d’été à la montagne – qui restent les plus connues.
La fuite devant les divers engagements à Paris ou à l’étranger le conduit à deux endroits auxquels il tient: son château familial « Les Faugs » en Ardèche, et, dans la dernière étape de sa vie, à partir de 1923, son refuge méditerranéen, Agay, où il sentait les bons effets de la côte d’azur.
« Après tous mes concerts de la région lyonnaise , je suis venu me reposer ici, où sauf 2 jours de temps gris, nous avons un soleil merveilleux et une température douce. Il est dommage que je sois obligé de rentrer la semaine prochaine, car c’est vraiment le pays idéal. » (D’Indy à son fils Jean d’Indy).
Les œuvres de sa dernière période créatrice dite "période d'Agay" témoignent d'une grande faculté de renouvellement, saluée par l'ensemble de la critique de l'époque.
Au cours de cette « période d’Agay », il réside à la villa L’Etrave, qui est sa résidence estivale, avec sa seconde épouse Caroline Janson.

ANDRE DASSARY
Chanteur français (1912 – 1987)
Ses débuts, il les fait en amateur, à la radio où il se fait remarquer. Il est alors présenté à Ray Ventura qui lui offrit aussitôt de faire partie de son orchestre à titre de second chanteur.
Au cours de la guerre, il se contente de petits succès (Ay! Ay! Ay!, Reviens-moi) puis fait ses premiers pas à la Gaîté-Lyrique et au Châtelet mais au cours de la même période il a surtout le malheur d'enregistrer LA version de Maréchal nous voilà, un hymne à la gloire de Pétain qui, en 1944, lui attirera quelques ennuis.
Il se reprend dès 1945 avec Symphonie, une adaptation d’un air de floklore américain, Bonsoir Lily et un de ses titres les plus connus, Ramuntcho de Jean Rodor et Vincent Scotto.
Beau, athlétique, ce ténor à la voix d'or se devait de faire du théâtre et dès 1946, il oriente définitivement sa carrière du côté de l'opérette dans ce qui sera sa plus belle création, Chanson Gitane qui sera présenté plus de mille fois, en France comme à l'étranger.
Ce n'est qu'à partir des années soixante qu'il commence à diminuer progressivement ses activités, ne chantant plus que dans des galas, des émissions de radio ou de télévision. Il passe alors de longs moments en vacances au Trayas.
En 1970, il se retire définitivement.

JEAN SABLON
Chanteur français (1906 – 1994)
Remarqué dans des opérettes et confirmé par la revue et le music-hall auprès de Mistinguett, Jean Sablon est sollicité par le tout jeune cinéma parlant pour apparaître aux côtés de Jean Gabin.
C'est à cette époque que le disque voit naître en lui l'une de ses premières vedettes, accompagné par sa complice Mireille. Pionnier le la technique révolutionnaire du micro dont il découvre les atouts, Jean Sablon introduit le jazz dans la chanson française, fait découvrir Django Reinhardt et Stéphane Grappelli.
Bientôt appelé Outre-Atlantique pour devenir une star de la radio, sa voix attire deux fois par semaine 50 millions de fidèles auditeurs.
Jean s'installe alors à Hollywood parmi ses amis Ginger Rogers, Cary Grant et Marlène Dietrich. Mais il ne cède pas aux généreuses avances des studios de cinéma hollywoodien. A New-York, il participe cependant aux premiers balbutiements de la télévision.
L'itinéraire du "French Troubadour" et ses voyages sur les cinq continents ne l’empêchent pas de garder contact avec sa famille, en particulier sa mère et sa sœur qui vivent à Agay. Il emménagera d’ailleurs à Cannes pour les côtoyer régulièrement. C’est dans sa maison de Cannes qu’il décèdera en 1994.

MAURICE DONNAY
Auteur dramatique français (1859 – 1945)
Fils d’un ingénieur au chemin de fer du Nord, il entreprit d’abord des études scientifiques, entra à l’École centrale en 1882 et travailla un temps comme ingénieur civil, avant de se tourner vers sa vraie passion : l’écriture. Il débuta avec Alphonse Allais comme chansonnier au célèbre cabaret du Chat noir en composant des chansons parodiques avant de poursuivre une carrière d’auteur dramatique.
Écrivain prolifique, largement apprécié du public, il a laissé de très nombreuses pièces qui sont pour l’essentiel des comédies de Boulevard.
On peut citer parmi ces dernières : Les Amants (1895), considéré comme sa pièce maîtresse, ou La Douloureuse (1897) et Le Torrent (1899), qui eurent le privilège d’être représentées à la Comédie-Française.
Comme beaucoup de ses contemporains, il passe ses vacances sur la Côte d’Azur et plus particulièrement à La Villa Lysis à Camp Long.
Il fut élu à l’Académie française le 14 février 1907.
Une partie du discours d’entrée fait allusion à son œuvre en ces termes : « Cette gaieté spasmodique et qui tient de la névropathie, c’est celle d’une jeunesse qui a eu ses vingt ans en une heure troublée de l’histoire et dans un pays déjà très vieux ».

GEORGES SIMENON
Ecrivain belge (1903 – 1989)
Gorges Simenon est né à Liège, officiellement le 12 février 1903. Sa vie commence par un mystère, il serait né le vendredi 13 février, mais déclaré le 12 par superstition.
Simenon est un romancier d’une fécondité exceptionnelle : on lui doit 192 romans, 158 nouvelles, plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom et 176 romans, des dizaines de nouvelles, contes galants et articles parus sous 27 pseudonymes.
Les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d’exemplaires. Georges Simenon est, selon l'Annuaire Statistique de l'Unesco, le dix-huitième auteur toutes nationalités confondues, le quatrième auteur de langue française, et l'auteur belge le plus traduit dans le monde.
Gorges Simenon a séjourné chez le Baron Guilio de Malenchini dans les années 1931 à 1945 dans la villa d’Anthéor « La Lézardière ». Après guerre, Simenon s’installe aux Etats-Unis, mais il reviendra de temps en temps à la villa « Les Mimosas » à Anthéor.
Dans une interview parue en 1936, Simenon déclare qu’il va se rendre à Agay où son bateau l’attend. Interrogé sur ses motivations, il explique :
« Nous étions aux sports d’hiver, quelqu’un est passé avec un brin de mimosa. Quand la bouffée m’a atteint, j’ai dit à ma femme : « Nous partons… » […] à Agay. Je venais voir les gens en pantalons blancs […], les mimosas couronnant l’Estérel… »

LOUIS VALTAT
Peintre français du courant fauviste (1869 – 1952)
Formé à l’Académie Jullian, il installe un atelier à Paris et travaille notamment avec Henri de Toulouse-Lautrec.
Atteint de phtisie, il part pour des séjours de soins sur différents rivages méditerranéens.
A partir de 1898 c'est à Anthéor que Louis Valtat réside de l'automne au printemps, avec sa femme Suzanne. Il peint la côte découpée, les rochers rouges et sauvages.
Il profite aussi de ses séjours pour rendre visite à d’autres amis peintres installés sur la Côte d’Azur, Auguste Renoir à Cagnes-sur-mer et Paul Signac, un des maîtres du pointillisme, à Saint-Tropez.
Malgré son éloignement, il continue d’exposer dans de nombreux salons ses oeuvres, parmi lesquelles de nombreuses toiles regroupées sous le titre "Notations d'Agay, 1899".
Au Salon d’Automne de 1905, en compagnie de Matisse et consorts, il provoque le scandale du Fauvisme. Le traitement décalé des couleurs fait effectivement de Valtat un pionnier du fauvisme mais l’ensemble de son œuvre reste post-impressioniste au sens large du terme, souvent mêlée de pointillisme, influence probable de Signac.
En 1905, il revient à Paris, délaissant peu à peu Anthéor. A présent la reconnaissance officielle lui est acquise : il est nommé chevalier de la Légion d'Honneur en 1927.Il décède en 1952.

COLETTE
Ecrivain et actrice de music-hall (1873 – 1954)
Après une enfance heureuse adorée par sa mère comme un « joyau tout en or », Sidonie Gabrielle rencontre Henry Gauthier-Villars, surnommé « Willy », avec qui elle se marie en 1893.
Vite saisi par les dons d’écriture de sa jeune épouse, Willy l’engage à écrire ses souvenirs d’école, qu’il signe sans vergogne de son seul nom, sous la série des Claudine.
Willy fut l’amant de beaucoup de femmes. Jalouse, consternée de devoir être enfermée dans un rôle d’épouse bafouée, Colette se libère de plus en plus de cette tutelle, et commence une carrière dans le music-hall. Ce sont des années de scandale et de libération morale. Elle vit entre autre un ménage-à-trois avec Polaire, autre artiste du music-hall, dans sa villa de Camp-Long. Elle finit par divorcer d’avec Willy.
Elle publie des ouvrages évoquant ces années folles: La vagabonde, L’envers du music-hall, En tournée….
Colette rencontre Henry de Jouvenel dont elle aura sa seule enfant, Colette Renée de Jouvenel, dite «Bel-Gazou» ("beau gazouillis" en provençal).
En 1947, Colette est élue à l’unanimité à l’Académie Goncourt, dont elle devient présidente en 1952. En 1953, elle est promue officier de la Légion d’honneur.
Malgré sa réputation sulfureuse et le refus, par l’Église catholique, des obsèques religieuses, Colette est la seule femme à avoir eu droit à des funérailles nationales. Elle est enterrée au cimetière du Père-Lachaise à Paris.

GERMAINE SABLON
Chanteuse et actrice française (1899 – 1985)
Fille du compositeur Charles Sablon et soeur du chanteur Jean Sablon, elle apprend le piano et le chant, et débute en 1915 une carrière de chanteuse d'opérettes. Dès 1919, elle tourne dans des films muets puis elle enregistre ses premières chansons, dont "Vous ne savez pas" en duo avec son frère Jean.
Sa carrière d'actrice prend de l'ampleur avec l'avènement du parlant. En 1933, elle débute sur scène puis elle enregistre près de 80 titres jusqu'au début de la guerre : "Mon Légionnaire", "Mon homme", "La petite île", "Aux marches du palais"...
En 1940, elle quitte Paris pour rejoindre sa mère à Agay. Elle loge en sa villa Maritana de Camp Long. Elle y héberge Joseph Kessel et son neveu Maurice Druon. Elle lutte alors dans l'ombre contre l'occupant.
Elle parvient à Londres en 1943 où elle demande à Joseph Kessel et à Maurice Druon de lui écrire les paroles de ce qui deviendra "Le chant des partisans", et l'enregistre pour le film de propagande, Three songs about resistance d'Alberto Cavalcanti.
Après guerre, elle reprend ses tours de chant en Europe, puis en Amérique du Sud et aux Etats-Unis où elle effectue une tournée avec son frère Jean Sablon.
De 1946 à 1955, elle enregistre une trentaine de chansons. Elle se réinstalle dans sa villa de Camp Long.
Elle sera alors la compagne Mr Gorges Reynal, maire de St Raphaël de 1965 à 1971.

JOSEPH KESSEL
Ecrivain français (1898 – 1979)
Kessel commence sa carrière comme grand reporter, couvrant les conditions de vie des peuples et les conflits du monde entier.
Correspondant de guerre en juin 1940 pour Paris-Soir, il connaît une forte notoriété pour ses reportages. Mais la censure militaire arrive et, à l’automne, la « liste Otto » des livres interdits mentionne ses œuvres et la loi sur le statut des Juifs lui interdit de pratiquer le journalisme.
Il s’installe alors à Anthéor, en zone libre. Il y rejoint sa compagne Germaine Sablon qui vit à Agay. Fin 1941, face à l’avancée des troupes allemandes, il entre dans la résistance active sous le nom de Joseph Pascal avec son neveu Maurice Druon. Germaine Sablon l’avait fait avant lui sans le prévenir. Les deux hommes rejoignent les forces armées à Londres.
En 1943, ils composent les paroles du « Chant des Partisans », voué à devenir le chant de ralliement de la Résistance et qui sera chanté par Germaine Sablon. Kessel publie, en hommage à ces combattants, L’Armée des Ombres. Il finit la guerre en capitaine d’aviation, dans une escadrille qui, la nuit, survole la France pour maintenir les liaisons avec la Résistance.
Après la libération, Joseph Kessel reprend ses voyages qui inspireront ses plus grands chefs d’œuvre : Les amants du Tage, La Vallée des Rubis, Le Lion et Les Cavaliers.
Consécration ultime, Joseph Kessel sera élu à l’Académie française en 1962.

POLAIRE
Artiste de music-hall (1874 – 1939)
Née Émilie Marie Bouchaud, elle monte à Paris en 1891 pour rejoindre son frère dans le monde du Music-Hall.
Elle chante des chansons signées Scotto, Yvain, Lenoir, Richepin...
Elle fut tout de suite remarquée à cause de son physique (un tour de taille qui tenait du prodige) et à cause aussi de la façon dont elle se tenait sur scène, cambrée en arrière.
C'est elle qui crée le rôle de Claudine aux Bouffes-Parisiens en1902. Elle jouera également dans quelques films.
Les échotiers de l'époque s'emparèrent d'elle et en firent une fêtarde, une noceuse, une bouffeuse de fortunes, une réputation, au demeurant, fort méritée.
Le scandaleux ménage-à-trois qu'elle partagea avec Colette et Willy renforça l'idée qu'on se faisait d'elle.
C’est d’ailleurs souvent en la « Villa Claudine » qu’elle fit construire à Camp-Long, que Polaire recevait Colette et Willy. Sarah Bernard vint également y séjourner.
Après la guerre, elle abandonna le Café-Concert pour se consacrer uniquement au théâtre où elle obtint un succès assez appréciable jusqu'à sa retraite en 1936.

CHARLES DE GAULLE
Président de la République (1890 – 1970)
Issu d'une famille bourgeoise du nord, Charles de Gaulle participe à la Première Guerre mondiale en tant qu'officier.
Entre les deux guerres, il enseigne à l'école de guerre où il défend une stratégie nouvelle de guerre de mouvement. Il est hostile à l'armistice et rejoint Londres dès le 17 juin 1940. Il organise dès lors la résistance extérieure, puis intérieure. Il s'impose à la tête de la France libre et devient chef du Gouvernement Provisoire de la République Française. Il fonde la Ve République dont il devient président de 1958 à 1969. De Gaulle mène alors une politique d'indépendance et de prestige extérieur de la France.
Le devoir de mémoire l’amène 2 fois sur notre commune. Le 15 Août 1945, il inaugure le monument aux morts du Dramont. Cette stèle est construite par les carriers du Dramont en porphyre bleu. De Gaulle passe la nuit au domaine du Castellas à Agay. En raison de sa taille, il se fait exceptionnellement prêter un lit de 2,10m de long par Mr Giannetti, alors directeur de l’hôtel de la Baumette.
Il reviendra chez nous en 1964 pour l’inauguration de la nécropole militaire de Boulouris.
En avril 1969, les Français répondent majoritairement "Non" à un référendum où de Gaulle soutient le "Oui". De Gaulle tire les conséquences de cet échec personnel : il démissionne et se retire de la politique.
Il meurt le 9 novembre 1970.

ALBERT COHEN
Ecrivain suisse et diplomate (1895 – 1981)
Né en 1895 à Corfou, Albert Cohen n'y vivra que cinq ans car sa famille est chassée par un pogrom et émigre à Marseille. Il y passe son enfance (il a pour condisciple Marcel Pagnol) et y découvre à onze ans sa différence, sous les insultes antisémites.
Après des études de droit à Genève, il devient directeur de division aux Nations unies.
Écrivain autobiographique, refusant tout héritage, il publie plusieurs textes et acquiert la reconnaissance du milieu littéraire parisien
1968 est l'année de consécration pour Albert Cohen qui publie son œuvre majeure, Belle du seigneur.
Albert Cohen séjourna après son deuxième mariage avec Marianne Goss à l’hôtel des Roches Rouges à Agay et plusieurs passages de ce roman se déroulent à l’hôtel des Roches Rouges. Il y fait vivre l’amour fou et partagé d’Ariane pour Solal.
Cette œuvre reçoit le Grand Prix de l'Académie Française. C'est le seul prix littéraire de haut niveau dont il sera lauréat. Il est fait chevalier de la Légion d'Honneur en 1970.
En 1947, Cohen rentre à Genève et y poursuit son activité littéraire jusqu’à la fin de sa vie.